رعايانــــا

     
 

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Deir Mar Elian, un monastère au désert

 

Deir Mar Elian, un monastère au désert                   

 

 

Contexte Géographique et Historique :

 

Deir Mar Elian el Cheikh (le monastère de Saint Julien l’Ancien) est situé dans la petite ville de Qaryatayn, dans le désert syrien, à peu près à égale distance entre Damas, Homs et Palmyre. Qaryatayn, sous son ancien nom « Haçar-Einôn » (Village des Sources), apparaît au moins deux fois dans la Bible, dans le livre des Nombres (34, 7-9) et chez Ezechiel (47-17) (48-1). Il y est question de Qaryatayn comme frontière nord de Canaan, pays des fils d’Israël.

 

La présence de sources abondantes en cet endroit, sur l’une des routes commerciales entre la Mésopotamie et la Méditerranée, fit jadis de Qaryatayn une oasis prospère, carrefour stratégique de prime importance pour les relations entre l’Est et l’Ouest. L’oasis est une halte incontournable pour les caravanes traversant le désert entre les différents royaumes de la région. Des écrits, retrouvés par des archéologues à Mari, relatent qu’entre 2600 et 2500 av. J. C. des marchandises transitent par Qaryatayn depuis Chypre et l’Egypte à l’ouest, (via la cité Amorite de Qatane au nord de l’actuel Homs) jusqu’à Mari à l’est, puis en direction de l’Orient. Cette tradition de commerce a perduré jusque dans le milieu du 20ème siècle. Avec l’avènement de moyens de transport rapides, l’oasis est devenue une petite ville excentrée par rapport aux axes de communication majeurs du pays.

 

Comme de nombreuses villes syriennes, Qaryatayn est certainement un endroit habité constamment depuis près de 5000 ans. Wadi el Aïn (la Vallée de la Source), au sud-est de la ville, semble être l’endroit le plus ancien de Qaryatayn. Au cœur de l’oasis alimentant des vignes entourées de grenadiers et des vergers de figuiers, se trouve la source principale de la région, trésor du désert. En surplomb de la source se dresse un tell archéologique. Les restes d’un temple de style Palmyrénien, encore visibles à son sommet, datent du 2ème siècle de notre ère. Le tell n’a jamais encore été fouillé mais il est à peu près certain qu’on y trouverait des restes datant du 3ème millénaire av. J. C. semblables aux vestiges les plus anciens retrouvés à Palmyre. En effet, les deux cités étaient très liées, géographiquement, commercialement et peut-être politiquement. Aux alentours de Qaryatayn, le désert recèle d’autres sites archéologiques romains : le barrage de kharbaqah, les bains d’Abou Rabah, d’anciens canaux d’irrigation formant la frontière ouest des terrains du monastère, qui démontrent un savoir hydraulique avancé. A 40 km au nord de Qaryatayn se trouve aussi une tour de guet militaire, Kasr el Hire al Gharbi. 

 

Le monastère de Mar Elian témoigne, comme les ruines d’églises ou d’anciennes cités chrétiennes des environs (Hawareen notamment), de l'importance de la communauté chrétienne des premiers siècles de notre ère dans la région. Cette présence perdure aujourd’hui à Qaryatayn, Sadad, Hafar, Fahilé… à travers les chrétiens de l’église Syriaque (orthodoxes et catholiques). A Qaryatayn, ils représentent huit pour cent de la population.

 

Forte d’environ 32000 habitants (mais dont seulement la moitié habite en permanence), Qaryatayn est aujourd’hui une petite ville du désert, qui a perdu son activité majeure avec la fin du commerce caravanier. L’agriculture oasienne offre un revenu important pour l’économie locale et Qaryatayn est renommée pour la saveur de ses raisins secs et de son « debess » (mêlasse de raisin très appréciée en Syrie). L’administration, les services et les multiples petits commerces de la ville pourvoient nombre d’emplois. Le secteur du bâtiment alimente également une certaine activité. Une partie de la population se voit cependant contrainte d’aller travailler ailleurs, dans les grandes villes syriennes ou plus loin, dans les Pays du Golfe. Mais l’attachement à la terre natale est fort, et après quelques années au loin, les « exilés » aiment revenir au pays et y réinvestir leur « fortune »  dans une maison, un terrain ou un commerce.

 

 

Histoire de Mar Elian et du monastère :

 

La vie de Mar Elian (Saint Julien) nous est parvenue, à travers les âges, principalement au travers des 24 poèmes écrits par son plus célèbre disciple, Mar Ephrem (Saint Ephrem). Nous savons que Mar Elian est originaire de Raha (dans l’actuel sud de la Turquie) où il vit probablement au 4ème siècle. Mar Elian manifeste des dons particuliers. En effet, de nombreuses personnes sont miraculeusement guéries entre ses mains et son intercession en ressuscite quelques unes. Une centaine de disciples entourent l’ermite, et un petit groupe l’accompagne chaque année dans son pèlerinage à Jérusalem. Au cours de l’un de ces voyages qu’il poursuit en Egypte, il construit la chapelle que l’on découvre encore aujourd’hui au sommet du Mont Sinaï.

 

Plus tard, sentant la fin approcher, il demande à ses disciples de ne pas suivre des funérailles traditionnelles à son égard, mais de mettre son corps dans un chariot tiré par des boeufs et de l’ensevelir là où les bêtes s’arrêtent, une fois leurs vivres épuisées. A sa mort, sa volonté est respectée. C’est à l’ouest de Qaryatayn, auprès d’une source, que l’étrange équipage parvient. Ses disciples déposent le Saint dans un sarcophage de granit où il repose encore aujourd’hui, objet de prière et de vénération depuis des siècles.

 

Au 5ème siècle, un monastère en « leben » (terre séchée) et en pierre est construit autour de la sépulture. La vie monastique s’organise progressivement autour de plusieurs axes. L’accueil des diverses caravanes et des pèlerins sur la route de Jérusalem occupe une large place dans la vie des moines. Grâce à l’eau de la source voisine, les terres attenantes sont mises en valeur et de nombreuses vignes ceinturent le monastère. A partir du 12ème siècle, les moines se spécialisent également dans un travail de copistes de manuscrits divers.

 

Abandonné au 18ème siècle, l’endroit reste cependant un lieu de prières et de dévotions, autant pour les chrétiens que pour les musulmans qui viennent y chercher, grâce à l’intercession du Saint, une guérison ou un miracle. La paroisse de Qaryatayn continue d’assurer l’entretien des bâtiments. Durant de mandat français, le diocèse catholique de Homs, Hama et Nabek prend le contrôle de ce monastère abandonné. En 1938, une église nouvelle est construite, en briques de terre séchée, autour du tombeau, avec de belles pierres de taille autour des fenêtres et des portes. Par son fronton unique en son genre, cette église devient la fierté des chrétiens de Qaryatayn. C’est une expression de leur spiritualité, de leur culture et de leurs racines. Dans les années 70, deux pièces ainsi qu’une cuisine et des toilettes sont construits par les paroissiens et complètent l’ensemble historique pour permettre d’accueillir visiteurs, pèlerins ou retraitants de quelques jours. Quelques familles chrétiennes habitent dans les lieux pendant un temps. Enfin, en 1978, la source se tarit, les vignes meurent et l’endroit est à nouveau abandonné. La clef du monastère est malgré tout précieusement conservée à l’église paroissiale, située à deux kilomètres de là, au centre ville. Malgré tout, en 1994, le cimetière paroissial est aménagé à l’intérieur de l’enceinte, derrière le Saint.

 

 

Renouveau de Deir Mar Elian :

 

C’est en 1996 qu’apparaissent les premiers signes d’une renaissance grâce à l’impulsion donnée par l’Evêque du diocèse, Mgr. Moussa Daoud, aujourd’hui Cardinal, Préfet de l’Eglise Orientale à Rome. Un projet de rentabilisation des terrains entourant le monastère est lancé et les deux cent premiers oliviers sont plantés. Un an plus tard, un puits est creusé pour l’irrigation, et le monastère se connecte au réseau électrique de la ville. Un jardinier et un gardien sont embauchés parmi les familles de paroissiens. La porte est à nouveau ouverte la majeure partie de la journée et le monastère retrouve sa fonction d’accueil qu’il avait quelque peu perdue au cours de sa période d’abandon.

 

En l’an 2000, un pas supplémentaire est franchi quand le nouvel Evêque, Mgr. Théophile Georges Kassab, confie à la communauté monastique de Deir Mar Musa el Habashi (Saint Moïse l’Abyssin) à Nabek, la charge du monastère de Mar Elian, avec l’accord du comité de paroisse composé de cinq hommes représentatifs des grandes familles catholiques. A Deir Mar Musa, des moines et moniales, de tous horizons, réinventent depuis quelques années une vie monastique inspirée de la spiritualité des Pères du Désert. Sur les trois piliers de leur règle, (prière, accueil et travail) se greffe l’appel à un dialogue spirituel en vérité avec l’Islam. Les chrétiens de Qaryatayn, eux, vivant en terre d’Islam depuis des siècles, font chaque jour l’expérience d’une vie partagée avec des hommes et des femmes musulmans.

 

Le Père Jacques Mourad, moine à Deir Mar Musa depuis 1991, est donc appelé comme prêtre de la petite église syriaque catholique de Qaryatayn (320 paroissiens). « Abouna Jacques » et le comité de paroisse ont lancé depuis cinq ans une série de projets divers. L’implication des paroissiens donne de l’élan à la vie de la paroisse et à l’expansion du projet agricole. Le chantier archéologique de Deir Mar Elian ainsi que l’élargissement des lieux se réalisent, quant à eux, grâce à l’impulsion de Deir Mar Musa. Les murs en pierre d’un nouveau monastère s’élèvent au nord de l’enceinte actuelle et il sera bientôt possible d’y séjourner plus longtemps. Ce nouveau monastère est destiné à accueillir visiteurs, touristes et pèlerins, de façon plus confortable. Si Dieu le veut, une petite communauté monastique, rattachée à Deir Mar Musa, verra le jour et s’y implantera, faisant ainsi perdurer la présence monastique dans ces lieux chargés d’histoire.

 

 

Projet archéologique : 

 

L’ancien monastère de Mar Elian, datant du 5ème siècle, (d’une surface carrée d’environ 1800m2) était entouré d’un haut et large mur d’enceinte en briques de terre séchée recouvert de pisé. Nous pouvons en admirer aujourd’hui les vestiges restaurés en 2004/2005. Il s’agit de la façade sud, ainsi qu’une partie au nord (derrière la chapelle du Saint). On entre dans le complexe par la porte de la façade sud, bordée de belles pierres sculptées. La petitesse de cette porte avait un double but : obligation d’humilité en pénétrant à l’intérieur et fonction défensive. Une fois passée la porte, si l’on se retourne, on découvre une pierre sculptée d’un texte arabe, probablement du 11ème siècle. Le texte est difficilement déchiffrable et demande une étude approfondie par un spécialiste mais il s’agit d’un commandement édicté par le roi Saïf el Daoulah. Une fois dans la cour, on distingue, face à soi, la nouvelle chapelle abritant le tombeau du Saint. A gauche se trouve le cimetière paroissial et à droite, la tour et les deux pièces qu’elle surplombe (où se trouve aujourd’hui le petit musée regroupant les vestiges trouvés sur place). Une partie de la porte originale de l’église du 6ème siècle est conservée au Musée National de Damas.

 

Il est à remarquer que le niveau de la cour est d’environ deux mètres supérieur à celui de  l’extérieur ou du cimetière. Ceci est facilement explicable par le matériau de construction utilisé par les moines pour l’édification du monastère au travers des âges : la terre séchée. En effet, à chaque fois qu’un bâtiment s’effondrait, plutôt que de déblayer les gravats, les moines reconstruisaient par-dessus. On comprend donc aisément que le monastère soit devenu une mine d’or pour les archéologues.

 

Initié en 2001 par l’anglaise Dr. Emma Loosley, diplômée de l’Université de Londres et spécialiste de l’art des Eglises Orientales et par la syrienne Mlle Wouroud Ibrahim, de la Direction des Antiquités Syriennes, un projet de fouilles archéologiques s’est développé dans l’enceinte du monastère de Mar Elian. Sous la forme d’une coopération anglo-syrienne, des excavations ont lieu tous les étés.

 

En 2004, le travail s’est trouvé compliqué par la décision de fouiller sous l’église de 1938 afin de retrouver les vestiges sacrés des églises précédentes. Pour ce faire, il a fallu d’abord démonter l’église (fragilisée par le temps) pierre après pierre, afin de la rebâtir plus tard à l’identique. La saison 2004 s’est révélée très fructueuse en mettant notamment à jour les fondations successives des églises du 18ème siècle. Nous espérons pouvoir atteindre bientôt les soubassements de la couche byzantine initiale. Dans le prolongement ouest de l’église (opposé au chœur) les équipes ont mis à jour le « cellier » du monastère abritant de nombreuses jarres de terre cuite dont les plus abîmées ont fait l’objet d’une restauration minutieuse par une équipe de spécialistes syriens. Elles contenaient de quoi préparer les offrandes (le pain et le vin) pour les messes communautaires. Dans les pièces situées devant l’église, des ossements humains et des pièces de poterie ont notamment été retrouvées. Une partie de ces vestiges est regroupée à l’heure actuelle dans le petit musée du monastère. Une chapelle a été reconstruite fin 2004 pour abriter le tombeau du Saint. Cette chapelle est bâtie de manière traditionnelle, avec les mêmes matériaux qu’à l’origine (pierres, terre et pisé). Elle offre simplicité et recueillement à qui le souhaite. Nous l’utilisons comme église paroissiale quelques jours par an, notamment pour la fête de Saint Elian le 9 septembre ou pour les grandes messes des lendemains de fête (entre autres Noël et Pâques).

 

Nous rêvons de pouvoir nous promener un jour prochain dans les ruines entièrement restaurées de cette page d’histoire, dans ce musée à ciel ouvert, attentifs à ce que ces vieilles pierres nous racontent.

 

 

Projet agricole et social :

 

Il y a 30 ans encore, des vignes entouraient le monastère, irriguées par la source affleurant au sud-ouest. Il s’agit de cette même source qu’ont utilisé les moines au cours des siècles. En 1978, la source se tarit, et l’exploitation, privée d’eau, périclite. Qaryatayn se situe en effet dans une région très aride (entre 100 et 150 mm de précipitation par an, parfois moins) où toutes les cultures traditionnelles sont obligatoirement irriguées. En effet, depuis quelques dizaines d’années, les forages se multiplient autour de la ville. Les surfaces cultivées s’étendent là où le désert régnait et par conséquence, le niveau de la nappe phréatique diminue. Aujourd’hui, il faut descendre à 150 m pour atteindre une eau sulfureuse convenable pour l’irrigation. L’eau potable de la ville, quant à elle, est pompée à une profondeur d’environ 400 m. La rareté de l’eau est donc une contrainte forte, prise en compte dans les choix qui ont guidé le développement du nouveau projet agricole de Mar Elian.

 

En 1997, sous l’impulsion de l’Evêque, un puits est creusé et la paroisse redémarre un projet de développement agricole et de rentabilisation du vaste terrain de 65 hectares entourant le monastère. Dix hectares sont progressivement plantés par les paroissiens. Ils se répartissent aujourd’hui en 7 hectares d’oliviers, 1 hectare de vignes, 1 hectare d’abricotiers et d’amandiers  et 1 hectare d’arbres d’agrément. Un système de goutte à goutte, maintenu en état et actionné par le jardinier, vient irriguer la majorité du verger. En 2003, un réservoir de 40 m3 est construit pour aider à l’irrigation. La pompe du puits ne fonctionne plus que quelques heures par jour pour remplir le réservoir et s’économise ainsi.

 

Un petit jardin aromatique voit également le jour en 2005, avec des plantes méditerranéennes adaptées au climat telles que lavandes, romarins, thyms et sauges. Certaines espèces, comme le câprier, devraient se développer avec un apport d’eau très limité.

 

En ce qui concerne la grande partie du terrain restant, qu’il est hors de question d’irriguer, nous avons choisi de faire appel au Ministère de l’Agriculture. En effet, les équipes du Département de la Direction de la Steppe cherchent à revaloriser la steppe syrienne en la replantant de buissons fourragers parfaitement adaptés à la sécheresse. En 2004, une équipe du Ministère est venue planter, sur 25 hectares, de l’Atriplex et de la Salsola. Il s’agit de buissons naturels des steppes syriennes ayant pratiquement disparus des alentours à cause du surpâturage et de la sécheresse. S’ils se développent bien, ils reconstitueront une végétation qui pourra profiter à un petit élevage de moutons.

 

Planter un arbre au désert est un acte porteur d’une grande espérance. C’est peut-être pour cela que le cœur des paroissiens s’est attaché à l’îlot de verdure qui entoure les murs du vieux monastère. Quel plaisir de se retrouver pour aller prier, visiter le musée ou encore pique-niquer en famille dans la plantation. Puisse cet îlot participer à un développement des consciences sur la question environnementale. La recherche de moyens pour lutter rationnellement mais efficacement contre la désertification qui frappe cette région, va peut-être ouvrir de nouvelles perspectives.

 

Plus prosaïquement, si le projet agricole se développe harmonieusement, il sera générateur de travail pour quelques familles de la ville. Dans un avenir proche, nous envisageons de lancer une gamme de produits de qualité issus des terres de Deir Mar Elian : huile d’olive aromatisée, herbes séchées aromatiques ou médicinales, olives de table préparées artisanalement, mélasse de raisin ou raisins secs, confitures d’abricot aux amandes… La boutique monastique de Deir Mar Musa, dont l’ouverture est prévue en 2006 est d’ores et déjà preneuse de ces délices du désert. Pourquoi ne pas compléter notre éventail par des produits issus de l’artisanat de Qaryatayn.  A suivre !

 

 

Vie paroissiale : 

 

Au cœur du Quartier des Syriaques (Haret el Syrian), dans la vieille ville, se trouvent les deux églises syriaques (orthodoxe et catholique) de Qaryatayn (respectivement 1300 et 320 paroissiens). Leur proximité géographique reflète les liens forts qui unissent les deux paroisses et leurs curés, Abouna Bakhsum (moine et prêtre orthodoxe) et Abouna Jacques.

 

 Les activités sont diverses et souvent partagées par les deux communautés. L’église donne la catéchèse aux enfants et leur enseigne l’histoire religieuse de la région. Pour ce faire, en plus des séances hebdomadaire de catéchisme, au moins deux camps, à Qaryatayn ou ailleurs, sont préparés pour les enfants et adolescents chaque année. Ils permettent de développer notamment l’esprit de groupe des jeunes. Des spectacles sont organisés par les enfants pour les plus grands et rassemblent toujours beaucoup de monde. De plus, la paroisse propose aux enfants, deux après-midi par semaines, de se retrouver pour des activités ludiques et créatives. Le rêve est de pouvoir inclure de façon plus régulière les enfants des villages voisins de Sadad et de Hafar. Ainsi, la cour de la paroisse est souvent remplie de rires et de cris d’enfant, tandis que les plus grands sirotent un café à l’ombre des arcades.

 

Pour les adultes, des cycles de conférences ouvertes à tous, sur des thèmes variés ainsi que des rencontres hebdomadaires de femmes à l’église orthodoxe sont organisés. La chorale de l’église se réunit une fois par semaine et attire femmes et adolescentes. L’église fait partie du quotidien des gens et il est bon de s’y retrouver, même en dehors des deux messes hebdomadaires, le vendredi à 18 h et le dimanche à 8h30. La paroisse vit la liturgie de l’église syriaque catholique avec amour, engagement et enthousiasme. Les différents Sacrements de l’Eglise sont autant d’occasion de resserrer et de renforcer les liens entre les membres de la minorité chrétienne de la ville. Baptêmes, mariages, premières communions mais aussi funérailles sont des moments rassembleurs, partagés par les deux paroisses en globalité.

 

Outre les paroissiens, les bonnes volontés se conjuguent pour impulser un dynamisme à la vie quotidienne de l’église, comme cette famille franco-suisse et leur petite fille, venus partager depuis quelques années la vie et l’engagement de la paroisse. D’autres collaborateurs, coopérants ou simplement amis, syriens ou européens, passent par ici et aident selon leurs compétences dans différents domaines tels que l’agriculture, l’animation avec les enfants, les camps d’été…

 

Mar Elian est une bénédiction dans la vie des habitants. Le Saint est vénéré de tous, et chaque après-midi, quelques familles chrétiennes et musulmanes, se retrouvent au monastère pour partager un moment de recueillement, une prière ou simplement un verre de thé. La fête de Saint Elian, le 9 septembre, rassemble toute la ville. La messe au monastère suivie d’un repas dans la salle des fêtes de l’église paroissiale ainsi que la soirée dansante où tout le monde est convié, attirent beaucoup de monde. Le renouveau que connaît Deir Mar Elian est donc source d’espérance, non seulement pour les chrétiens, mais pour toute la ville.

 

Le vieux monastère, aujourd’hui en transformation, révèle peu à peu les secrets de son passé, par le travail patient des archéologues. Les arbres aux alentours donneront du bon fruit, si Dieu le veut. Peut-être, un jour prochain, des moines entoureront à nouveau le Saint, greffes nouvelles sur la souche ancienne, priant, accueillant le visiteur, pèlerin ou hôte d’un soir, travaillant aux côtés des paroissiens à rendre au lieu un rayonnement nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

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